Le leader de l’opposition, plus connu sous le nom de Cirro, s’impose face au président sortant Muse Bihi Abdi lors des élections présidentielles. Une victoire qui soulève autant d’espoir que de défis pour ce territoire non reconnu.
Abdirahman Mohamed Abdullahi, chef du Parti national Waddani, a été élu président du Somaliland lors de l’élection présidentielle tenue mercredi dernier. À 68 ans, Cirro a obtenu 64 % des suffrages, laissant son adversaire, le président sortant Muse Bihi Abdi, loin derrière avec 35 %. Ces résultats, rapportés par le média Garowe Online, marquent un tournant politique pour ce territoire sécessionniste de la Somalie. Une victoire historique pour l’opposition
La victoire de Cirro est perçue comme un vent de changement dans un pays où le pouvoir a longtemps été dominé par des figures issues des clans historiques. « Cette élection montre que le peuple du Somaliland aspire à une gouvernance plus juste et inclusive », a déclaré le porte-parole de la commission électorale, cité par africanews.com. Ce scrutin, salué pour son déroulement pacifique, reflète néanmoins les tensions sociales et économiques qui continuent de diviser la population.
Un territoire autonome mais isolé
Depuis son autoproclamation d’indépendance en 1991, le Somaliland jouit d’une autonomie de fait. Cependant, son statut non reconnu par la communauté internationale limite son accès aux financements extérieurs et empêche ses six millions d’habitants de voyager librement. « Nous devons redoubler d’efforts pour obtenir la reconnaissance que notre peuple mérite », a affirmé Cirro lors de son discours de victoire.
Malgré son isolement diplomatique, le Somaliland occupe une position stratégique de premier plan, à la jonction de l’océan Indien et de la mer Rouge. Cette localisation en fait un point d’intérêt pour les puissances régionales et mondiales.
Défis et attentes pour le nouveau président
Cirro hérite d’un territoire confronté à de graves défis économiques, notamment un taux de chômage élevé et une dépendance accrue à l’égard des financements de la diaspora. À cela s’ajoute une instabilité régionale qui menace la sécurité de ses frontières. Pour les habitants, cette victoire suscite autant d’espoir que de préoccupations. « Nous voulons un président qui défend nos droits et améliore nos conditions de vie, pas seulement un changement de visage au pouvoir », confie un habitant de Hargeisa, la capitale.
Une page à écrire pour le Somaliland
Alors que Cirro prend les rênes du pays, les observateurs s’interrogent : saura-t-il transformer cette victoire en un tremplin pour le développement et la reconnaissance internationale ? La tâche s’annonce ardue, mais elle pourrait redéfinir l’avenir de ce territoire oublié.
Photo: APNEWS