Le président de la transition en Guinée, le Colonel Mamadi Doumbouya, a adressé ses vœux pour la nouvelle année 2024 lors d’un discours à la nation. Cependant, malgré ses souhaits de paix, de prospérité, de santé pour tous les Guinéens, son bilan et ses initiatives ont été critiqués par certains.
Dans son discours, le Colonel Mamadi Doumbouya a exprimé ses vœux de bonne année à tous les citoyens guinéens ainsi qu’aux compatriotes établis à l’étranger, mettant l’accent sur la paix, la prospérité et la santé pour le pays. Il a également souligné l’importance de la solidarité nationale et de la cohésion sociale pour le développement de la Guinée, rapporte Laguinee.info à travers un de ses reporters.
Le président de la transition a mis en avant les progrès accomplis au cours de l’année écoulée, notamment dans le processus de rétablissement du vivre-ensemble. Il a mentionné les initiatives de dialogue et de solidarité, telles que les journées de pardon-vérité et le cadre de dialogue inclusif inter-guinéen, comme des illustrations du progrès réalisé.
« Des avancées considérables ont été réalisées dans notre processus de rétablissement du vivre-ensemble. À titre d’exemples, les concertations initiées au lendemain de la prise de responsabilité par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD] en passant par les journées de pardon-vérité, le cadre de dialogue Inclusif Inter- Guinéen et tout récemment la chaîne de solidarité mise en place spontanément pour venir en aide aux victimes de l’incendie du dépôt des hydrocarbures survenu à Kaloum sont une parfaite illustration du progrès accompli »
Parmi les réalisations mises en avant par le président Doumbouya, il a souligné l’accent mis sur l’augmentation des ressources propres dans le budget de l’État, la densification de la production minière et des engagements financiers importants, tels que le Projet Simandou.
« De même, l’Etat s’est attelé à densifier la production et la rentabilité des exploitations minières. L’approbation définitive du financement du Projet Simandou, estimé entre 15 et 20 milliards de dollars, par la Chine à travers la NDRC en est un exemple éloquent. Les avancées majeures du Projet Simandou obtenues dans les négociations avec ces partenaires industriels, sont des sources d’espoir dans la matérialisation du contenu local à savoir donner du travail et offrir des opportunités d’affaires aux entreprises guinéennes et former les Guinéens pour garantir le transfert de compétences et de technologies. »
Le président a également mentionné des initiatives sociales, notamment l’augmentation des budgets pour les investissements sociaux, l’accord conclu entre le gouvernement, le patronat et le mouvement syndical pour améliorer les conditions de vie des travailleurs, ainsi que le recrutement de 20 000 nouveaux fonctionnaires.
« L’apport à l’œuvre de construction de la Guinée nouvelle nécessite de chacun et de tous d’avoir davantage confiance en notre pays, et d’être mus par la certitude que les fruits des efforts collectifs seront redistribués à tous. C’est ce qui justifie, et je tiens à le saluer. le protocole d’accord concluant entre le Gouvernement, le Patronat et le mouvement syndical qui a permis non seulement d’apaiser le climat social, mais également d’améliorer les conditions de vie des travailleurs Guinéens. Ce Protocole d’accord prévoit une augmentation échelonnée jusqu’à 35% sur la valeur de l’indice monétaire. La cotisation sociale, qui est une des mesures d’accompagnement, est destinée à la couverture médicale jusqu’à 80% pour les fonctionnaires et les contractuels d’Etat, les retraités et les personnes à Charges, conformément aux textes en vigueur, six (6) mois après la mise en application du régime contributif.
Dans la même dynamique, le Gouvernement, à travers le ministère du Travail et de la Fonction publique, a lancé un concours de recrutement de 20 mille nouveaux fonctionnaires, en vue de pallier le manque de ressources humaines qualifiées dans notre Administration publique. Ce résultat intervient après des efforts considérables d’épuration du fichier de la Fonction publique. »
Au niveau des infrastructures, Colonel Doumbouya a évoqué un vaste projet de construction et de reconstruction des routes urbaines et rurales, affirmant la réalisation de plus de 2 000 km de routes au cours de son mandat.
« Dans le domaine des infrastructures, nous avons entamé un vaste projet de construction et de reconstruction des voiries urbaines dans le Grand Conakry et à l’intérieur du pays. Depuis le 05 septembre 2021, des résultats importants ont été atteints à travers notamment la mise en circulation de plus de 800 km de routes revêtues et plus de 1.400 km de routes en terre pour le désenclavement en faveur des populations rurales. Des ouvrages de franchissement importants ont aussi été livrés aux populations guinéennes ; c’est le cas notamment des ponts sur la Soumba, sur le fleuve Sankarani, de l’échangeur Paul Kagamé, des routes nationales Coyah-Faramoriah-Frontière Sierra Leone, Dabola- Kouroussa, Guéckédou-Kondémbadou. I! s’agit à ce jour, de plus de 2.000 km de routes réalisées. D’autres projets plus importants seront finalisés au cours des prochains mois à Conakry et à l’intérieur du pays, à savoir les échangeurs du km 36 et de Bambéto, le pont unique à péage de Tanéné, la route Kankan- Mandiana, les voiries urbaines à Conakry et de l’intérieur du pays. Ce sont là, entre autres, des éléments factuels, des preuves tangibles de notre engagement à ne pas renoncer à notre responsabilité, celle de servir notre patrie qui nous a tout donné »,
Cependant, malgré ces affirmations, des critiques ont été émises à l’encontre de Mamadi Doumbouya concernant la gestion de la transition. Certains remettent en question les avancées économiques et sociales annoncées, pointant du doigt une baisse des appuis extérieurs et des inquiétudes concernant l’avenir financier du pays. »Le CNRD a été incapable de prendre en compte les préoccupations essentielles et légitimes des Guinéens. Lesquels subissent aujourd’hui du fait d’une gouvernance désemparée et chaotique, l’inflation, la cherté de vie, la hausse généralisée des denrées alimentaires, le faible pouvoir d’achat ainsi que le pilotage à vue de nos institutions », a critiqué Souleymane Souza, de l’UFDG dans son voeu de nouvel an.
Boundèbengouno, pour Laguinee.info





