Plusieurs militants et responsables de l’opposition détenus à la maison centrale sans jugement depuis plusieurs mois ont entamé depuis lundi une grève de la faim. La démarche vise notamment à mettre la pression sur la justice afin que celle-ci se bouge et organise enfin un procès. Me Mohamed Traoré, un des avocats de la défense soutient cette démarche. Selon lui, les instructions étant terminées depuis plusieurs mois, il n’y a aucune raison que ses clients soient gardés encore en prison. L’avocat plaide pour l’organisation au plus vite d’un procès juste et équitable en faveur de ces détenus politiques. Il l’a dit lors d’un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Laguinee.info ce mercredi, 07 juillet 2021.
Me Mohamed Traoré indique que deux raisons motivent cette grève de la faim entamée par certains militants et responsables de l’opposition. « Les motivations de cette grève de la faim entamée par certains détenus, sont de deux ordres : il y a des motivations qui tiennent à leur condition de détention, les difficultés qu’ils ont dans le milieu carcéral. Je pense que ces conditions pour la plupart d’entre elles sont communes à tous les détenus ; mais, il y a aussi des motivations qui tiennent au fait que depuis qu’ils sont en prison, ils ne savent pas quand est-ce qu’ils seront jugés. Une communication officielle n’est faite sur la date de leur jugement. En fin de compte, nos clients se sentent abandonnés, ils se sentent oubliés en prison par ceux qui sont chargés de les juger. Donc à mon avis, cette grève de la faim est une manière d’attirer l’attention de l’autorité judiciaire afin que dans les meilleurs délais, leur procès soit organisé. Je pense qu’ils ne demandent pas â être libérés sans procès, parce qu’ils sont accusés d’infractions très graves. Ils ont besoin de s’expliquer, de livrer leur part de vérité. Et cela, ne peut se faire qu’au cours d’un procès, un procès qu’ils souhaitent juste et équitable ; mais, un procès qu’ils souhaitent tenir dans un délai raisonnable parce que c’est un droit aussi », explique l’ancien bâtonnier.
Me Mohamed Traoré soutient ses clients dans cette démarche. Il a mis cet entretien à profit pour exhorter la justice à organiser au plus vite ce procès. « Ce que nous demandons à la justice, c’est encore une fois, de respecter le droit des citoyens d’être jugés dans un délai raisonnable. Lorsqu’on est en conflit avec la loi et qu’on est détenu comme c’est le cas de ces citoyens-là, le mieux, c’est de faire en sorte qu’ils soient situés assez rapidement sur leur sort. On ne peut pas les garder pendant des mois et des mois sans qu’ils ne sachent quand est-ce qu’ils seront libérés. L’instruction dans cette affaire est terminée depuis le mois d’avril. Donc ce qui veut dire, peut-être deux semaines, trois semaines maximum ce procès aurait déjà eu lieu. Mais peut-être même que le dossier aurait été jugé définitivement, en tout cas en première instance depuis longtemps. Donc, on ne comprend pas aujourd’hui pourquoi ce procès retarde. La détention provisoire commence à être vraiment abusive. Donc, c’est pourquoi il faut quand-même faire en sorte que ce procès-là puisse se tenir encore une fois dans les meilleurs délais », insiste l’avocat.
Ibrahima Sory Diallo pour Laguinee.info
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